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Violences faites aux femmes, l'Ipao, porte-parole des victimes


A travers les associations partenaires, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest s’engage à briser le silence sur les différents maux dont la gent féminine souffre sur le continent.

Comme Aimé Césaire, qui disait dans son ouvrage «Cahier d’un retour au pays natal» : « je serai la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche », l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao), se donne pour objectif d’appuyer les défenseurs des victimes infligées aux femmes. Dans le détail, il s’agit des associations qui militent pour vaincre ce combat dans quatre pays que sont le Cameroun, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. C’est ainsi que le lancement du projet intitulé : « Briser le silence, lever les tabous, mieux informer sur les violences basées sur le genre en Afrique de l’Ouest» a eu lieu ce mercredi 30 avril 2014 à Yaoundé (Cameroun), sous la houlette de Pauline Bend, la directrice des Programmes de l’Ipao.

Financé à 95% par l’Union européenne, il est question, grâce à l’appui de l’Ipao, pour ces organisations non gouvernementales dont c’est la principale activité, de produire et de diffuser leurs propres informations grâce à la publication de rapports annuels sur les violences répertoriées, la construction d’outils de communication et de diffusion au moyen de nouvelles technologies. En outre, l’Ipao a pour but de sensibiliser et former les médias sur une information équilibrée et sur les violences basées sur le genre, à travers des ateliers destinés aux journalistes et des journées anti-discrimination. Car, ceux-ci véhiculent souvent des discours discriminatoires à l’origine de certaines formes de violence. Mais, il est surtout question de renforcer les capacités et les moyens en communication des défenseurs des victimes des violences basées sur le genre.

En effet, la plupart des violences dont sont victimes les femmes sont d’abord le fait de l’environnement social, qui tend à donner trop de pouvoir aux hommes. Ces derniers, remarquent les observateurs, en abusent très souvent ; ce qui conduit les victimes à se murer derrière le silence. Selon le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, «la femme camerounaise est exposée à différentes  formes de violences, car son pouvoir de décision est assez faible, et son pouvoir de négociation limité à cause de l'organisation patriarcale de la société dans laquelle les violences à l'égard de la femme et des enfants s'intègrent comme une pratique culturelle tolérée». C’est un constat qui se vérifie dans les trois autres pays retenus dans le cadre de ce projet.

Cette mobilisation, qui prend une nouvelle tournure, est loin d’être une vue de l’esprit. Les statistiques sont suffisamment parlantes : au moins 53% de femmes souffrent encore des violences conjugales de nos jours, pendant que 500 000 autres femmes subissent des viols chaque année. Une proportion de 24% de femmes sont contraintes au mariage forcé dans les régions septentrionales du pays, et un nombre indéterminé mais certainement significatif de femmes, perdent leurs enfants du fait de d’avortements induits par des violences multiples de leurs conjoints.