Activités

Le Témoignage Oral essaime dans les radios de la Côte d'Ivoire


Plus de voix pour les femmes victimes du conflit

Abidjan du : 24-28 Mars 2014

Une formation de cinq jours à la méthodologie du témoignage Oral a démarré ce matin dans les locaux de l’URPCI, l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire. Inscrite dans le projet  « Promouvoir, pendant la période post-conflit, un environnement médiatique plus favorable aux droits des femmes à l’information et à la communication en Côte d’Ivoire» financé par l’UNESCO, l’activité réunit une douzaine de journalistes femmes des radios membres de l’URPCI.

Réaliser des productions radiophoniques en utilisant la méthodologie du témoignage Oral pour que les femmes marginalisées et exclues des prises de parole sur leur situation et leur participation à la réconciliation paraît pour l’IPAO une approche pertinente dans un contexte où l’accès aux médias et à l’information pour de nombreux citoyens africains reste un objectif à atteindre.

Ce déficit n’est pas uniquement lié aux limites des populations à utiliser les médias mais aussi au manque de connaissance méthodologique des médias à aller vers ces cibles pourtant prioritaire pour une information locale de qualité.

De nombreuses organisations nationales et internationales (UNIFEM, Amnesty, Human Rights Watch) ont rapporté que les femmes avaient été les premières victimes du conflit (80% des personnes ayant quitté la Côte d’Ivoire étaient, selon UNIFEM, des femmes et des enfants). Elles ont été aussi celles contre lesquelles les formes les plus extrêmes et inhumaines de violence ont été exercées : des milliers de femmes ont été violées, torturées et tuées. Le viol et les sévices sexuels ont systématiquement été utilisés comme « armes », redoublant les violences entre les factions politico-militaires et entre les ethnies.

Les femmes ont été doublement victimes du conflit, payant pour leur appartenance, réelle ou supposée, à une ethnie, à un clan politique d’un côté, et pour leur appartenance de genre, quel que soit leur âge (des fillettes ou de vielles femmes) et leur statut social.

C’est pourquoi cette formation permettra de remettre les femmes au cœur de l’intérêt des médias en leur donnant la parole et en communicant sur leur vécu afin de provoquer des changements sociaux et politiques en leur faveur.

Pendant cinq jours, la formation devra permettre de :

  • Former les animateurs à une technique de collecte, le témoignage oral
  • Renforcer leurs capacités à établir des liens entre ces témoignages et les enjeux liés aux droits des femmes à l’information et à la communication
  • Renforcer leurs capacités techniques et éditoriales à utiliser ces témoignages pour produire des programmes radio mettant en avant les préoccupations exprimées par les groupes marginalisés, et qui n’ont pas accès à l’information et aux médias.
  • Créer les conditions pour une diversification des productions des radios locales sur les femmes

A la suite de cette formation les 12 journalistes produiront 12 Témoignages Oraux suivis de 12 débats radiophoniques en direction du public pour mettre en exergue une information pertinente sur les violations des droits des femmes.

 En marge de la formation, une cérémonie de signature des conventions de production dans le cadre de la campagne de production du projet femmes et médias a eu lieu le 26 mars 2014 dans les locaux de l’URPCI. Etaient présents : 1 organe de presse (Le Jour Plus, 1 média en ligne (Amanie.info) et 2 radios mainstream (fréquence vie, Al Bayane)

Personne contact et formateur: Hyppolite DOSSOU YOVO : hdossouyovo@panos-ao.org

Partenaire : Karamoko BAMABA : karamokobam@hotmail.com