DIFFICULTÉS DES CITOYENS À ACCÉDER À L’INFO Un projet de loi proposé pour une bonne gouvernance
Sénégal
(18 décembre 2009 in L’Obs - Sénégal) L’adoption d’un projet de loi pour faciliter l’accès aux informations détenues par les Administrations publiques est devenu une revendication citoyenne, afin de diminuer le manque de transparence et de promouvoir une bonne gouvernance.
Les citoyens n’ont pas accès à l’information, et l’urgence d’avoir un projet de loi dans ce sens au Sénégal est d’actualité, vu le déficit de communication constaté entre les acteurs non étatiques et les gouvernants. C’est l’objectif principal de ce séminaire national de deux jours (16 et 17 décembre 2009) organisé par l’institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao), par le biais de son projet « Consolider et élargir la communication citoyenne pour une gouvernance démocratique ». Ce programme s’inscrit dans le cadre de son Projet d’appui au programme national de bonne gouvernance (Papnbg). Initié depuis 2008 avec l’appui de l’Union européenne, il vise à faire comprendre à l’ensemble des acteurs de la gouvernance, la communication comme critère et condition d’une bonne gouvernance.
« L’accès à l’information est devenu de plus en plus une revendication citoyenne, et ce séminaire vise à aller au-delà du journalisme », a déclaré Diatou Cissé Badiane, la Secrétaire générale du Synpics. « A l’issue du séminaire, il est mis sur pied un comité dans lequel siègeront diverses organisations, comme le Forum Civil et le Synpics qui vont continuer la réflexion pour avoir un projet de loi aussi consensuel que possible », a-t-elle ajouté. Mais une loi ne sert à rien si les citoyens n’en jouissent pas, même si elle est appliquée, ratifiée et votée, selon elle, « il y a une stratégie de lobbying, de plaidoyer et de communication » pour faire avancer le projet, et convaincre les gouvernants pour son adoption. Cependant, lorsqu’on parle de l’accès à l’information, ce n’est pas seulement l’Etat qui est visé, mais aussi les organismes privés, et le citoyen a aussi le droit d’être informé sur l’eau qu’il reçoit de la Sde ou l’électricité que lui fournit la Senelec, selon notre consœur.
« Je reste prudente, car nous sommes dans des Etats qui ont une culture du secret, et le Sénégal n’y échappe pas. Nous avons des gouvernants qui se sécurisent en cachant quelquefois des informations parfois inutiles », précise Diatou Cissé Badiane qui estime qu’une bonne volonté de l’Etat est aussi nécessaire pour l’adoption de ce projet de loi et surtout de son effectivité.
Par ailleurs, Abdou Ndao de l’institut Panos a jugé pour sa part que ce projet de loi, s’il est adopté, « va permette aux journalistes et à d’autres catégories d’acteurs de mettre en demeure l’Administration à fournir l’information s’il n’y a pas d’exception ».
Adresse du document : http://www.panos-ao.org/ipao/spip.php?article15408&lang=fr Extrait du site de l'
Institut PANOS Afrique de l’Ouest : http://www.panos-ao.org